jeudi 21 septembre 2017

La brigade Piron

(Article déjà publié en 2010)

Comme chaque année en septembre, diverses commémorations ont lieu pour rappeler la libération de notre pays en 1944. J'aimerais aujourd'hui mettre à l'honneur la Brigade Piron, une unité belgo-luxembourgeoise qui a participé à la bataille de Normandie et à la libération de la Belgique et des Pays-Bas aux côtés des armées alliées durant la deuxième guerre mondiale. On trouve aujourd'hui de nombreuses traces de leur passage à la Côte Fleurie en Normandie, comme le Pont des Belges qui relie Deauville à Trouville. En Belgique, un monument national à la gloire de la brigade Piron a été érigé à Molenbeek-Saint-Jean. Plus d'infos, de témoignages et de photos sur www.brigade-piron.be .

jeudi 14 septembre 2017

Frédéric Deborsu et la Flandre

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Se partageant entre Schelle (province d'Anvers) et Namur, ayant déjà travaillé pour des médias francophones et néerlandophones,  le journaliste belge Frédéric Deborsu est régulièrement interrogé sur cette double culture.

Le week-end dernier, il répondait aux questions du groupe Sud Presse à ce sujet :

"Avant d'arriver sur RTL-TVI, vous avez travaillé à la RTBF et sur Vier. Que vous a apporté cette carrière télé en Flandre?
- Le fait d'avoir vu les hommes politiques flamands en Flandre. C'était facile d'avoir Bart De Wever qui venait tous les mois. Ici, je constate avec vous que depuis les élections, je ne l'ai pas vu dans un seul débat francophone. C'est une énorme différence. En 2014, après une émission où je l'avais pourtant bien chambré, Bart De Wever m'a proposé de devenir l'attaché de presse francophone de la NVA. Ce que j'ai refusé avec pour raison principale que je n'avais pas envie que mes enfants se fassent embêter dans la cour de l'école. Le fait d'approcher comme ça les hommes politiques, c'était différent. J'étais presque devenu un journaliste flamand. Et quand je suis arrivé sur RTL-TVI, je suis redevenu un journaliste francophone avec un rapport de francophone avec les journalistes flamands.

- Au delà de l'aspect professionnel, votre épouse est flamande. Diriez-vous que vous avez une double culture?
- Je suis wallon....mais j'écoute des chanteurs flamands à la maison. J'adore Willy Sommers ("Laat de zon in je hart"). Hier encore, j'écoutais "Kinderen van het weekend" (sur les enfants qui passent le week-end une fois chez papa, une fois chez maman), cette chanson me fait pleurer. J'adore la langue flamande, c'est la langue la plus nostalgique selon moi. Je suis 100% wallon, mais je suis amoureux de la Flandre, je suis amoureux d'une Flamande, et j'adore ses enfants qui sont Flamands. Les miens, ma priorité absolue, sont wallons. Quand je suis triste, je me retrouve à me parler en néerlandais à voix haute, seul. Mais la langue flamande peut être aussi drôle.

- Outre la musique, qu'est-ce qui vous plaît dans le nord du pays?
- Les Flamandes....enfin surtout ma femme! J'en suis fou amoureux. On est marié depuis octobre 2014 mais on se connaît depuis 2011. Six ans qu'on est ensemble, ça commence à ressembler à quelque chose! Et la langue flamande est pour moi celle de l'amour. Tous ces sons pourraient faire penser à l'amour physique".

lundi 11 septembre 2017

Côte Belge : Moeder Siska

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(Article déjà publié en 2010)

Moeder Siska s'appelait en réalité Francisca Fincent. Née en 1842 dans une ferme du Oosthoek, elle se marie à l'âge de 18 ans avec un fermier de 36 ans. Le couple a huit enfants en dix ans, et décide d'acheter un moulin pour accroître leurs revenus. Francisca a 30 ans lorsque son mari décède. Elle épouse en deuxièmes noces un meunier avec qui elle aura deux filles, avant de se retrouver à nouveau veuve.

Originaire lui aussi du Oosthoek, Louis De Vos était parti travailler au Texas mais lorsqu'il apprend le décès du deuxième mari de Francisca, il rentre en Belgique, lui propose de l'épouser et de s'occuper du moulin. De son côté, elle ouvre un bistrot où les fermiers du coin boivent un verre en attendant que leur farine soit prête. Dans les années 1880, c'est là que se tiennent certaines ventes publiques des terrains du Zoute à Knokke. Un jour, un notaire est surpris de la voir faire des gaufres sur un fer à cinq coeurs (une idée qu'elle avait vue aux Pays-Bas) et lui demande d'en faire pour la fête d'anniversaire de sa fille.

Petit à petit, Louis et Francisca abandonnent leur moulin pour se consacrer exclusivement à leurs gaufres. De ses trois mariages, elle avait eu 16 enfants dont 10 étaient encore en vie. Les fils cuisaient des gaufres, les filles les servaient. Et comme tous appelaient leur mère Moeder Siska, le nom de l'établissement était tout trouvé. Dans les années qui suivent, Moeder Siska était au bon endroit au bon moment, vu le développement touristique de la côte belge et la construction de grands hôtels à Knokke et au Zoute. Elle décède de la grippe en 1918.

Près d'un siècle plus tard, son arrière-petit-fils Stefan Dossche est le gérant de l'établissement Marie Siska (créé par Marie, l'une des filles de Moeder Siska). Il confie dans le livre "Mon grand-père, ce héros" de Christine Masuy :

"Je suis le dernier descendant de Moeder Siska à tenir un Siska. Et le dernier à détenir la recette des gaufres. Quand j'étais jeune, j'aurais voulu être architecte mais mon père m'a dit : "Ce n'est pas un métier pour toi. Tu vas reprendre Siska". J'ai cependant dû attendre de longues années avant qu'il accepte de me confier la fameuse recette. Il ne l'a fait que peu de temps avant sa mort. J'ai dû promettre de ne jamais la divulguer, et même de ne jamais l'écrire. Un papier peut toujours tomber entre de mauvaises mains... Mais je l'ai déjà transmise à ma fille qui fait de l'école hôtelière. On ne sait jamais ce qui peut m'arriver! Elle apprend à faire de petites quantités de pâte. Moi, je fais 50 litres à la fois, dans ma petite cuisine, à l'abri du regard de mes ouvriers. 50 litres toutes les heures. 7 jours sur 7. 6 mois par an. Parfois, je me dis que si Moeder Siska nous voit de là-haut, elle doit bien rigoler. Parce que c'est dur comme métier. Si ce n'était pas pour Siska, je ne travaillerais jamais dans l'horeca. Mais je suis très attaché à la tradition. J'adore Knokke, j'adore le Zoute. Il y a tant de choses qui ont déjà disparu mais nous, on reste : ma femme, ma fille, moi...et le fantôme de Moeder Siska".

Plus d'infos sur www.siska-marie.com/fr/specialite

jeudi 7 septembre 2017

Le premier site Internet de photo belge

A l'occasion de la 8ème Biennale de Photographie en Condroz en août a été lancé Brownie Belgique, le premier site Internet dédié à la photographie de et en Belgique( browniephoto.be). Brownie? Ils ont choisi ce nom car c'est le premier appareil Kodak qui a permis de démocratiser la photo.

Justine Montagner a répondu aux questions du groupe Vers l'Avenir :

"Comment est né ce projet?
- Avec Boris Spiers, on s'est rencontré dans un atelier photo animé à Huy par Laurent Matagne. Ensemble, on a décidé de créer un collectif photo baptisé La Clique. C'est dans le cadre de cette joyeuse bande de quatre passionnés que sont venus la discussion, la réflexion et un constat : aucun site Internet ne fait un instantané de la photographie belge. En France, il existe le site "Œil photographique", très connu. Mais en Belgique, rien. Rien pour celui qui veut en savoir plus sur nos photographes, rien pour celui qui veut trouver une expo près de chez lui ou inscrire son enfant à un atelier photo. A ce jour, aucun outil ne rassemble ces données. Alors, un brin inconscients avec Boris, on s'est dit : on va le faire! C'était il y a un an.

- Et chacun a son rôle dans le projet?
- Oui, on se complète vraiment bien. Moi, ayant un diplôme de journalisme, j'adore écrire. Boris, c'est le pro du Web, avec sa formation de graphiste et de webdesigner. Le duo parfait.

- Quel est le fil rouge de votre site?
- C'est une plate-forme Web dédiée à la photographie de et en Belgique. Le but est de rassembler un maximum d'informations sur celles et ceux qui, chez nous, font et aiment la photographie : amateurs, professionnels, étudiants, instagrameurs, chineurs, iPhonegrapheurs, etc.

- Vous allez aussi chroniquer les expos et les livres?
- Oui. Boris et moi sommes déjà tout le temps en train de sillonner les expos et à l'affût de tout ce qui tourne autour de la photo, pour notre plaisir. Il nous suffit de prendre un carnet de notes et un bic.

- Et la place de la photo anonyme?
- Elle nous paraît tout aussi importante que la photo d'art. Le site présente aussi bien la dernière série de photos de Nick Hannes qu'une superbe photo d'époque retrouvée dans un tiroir de famille. Notre but, c'est que le site soit dynamique, interactif, accessible à tous.

- Quel ton adopterez-vous?
- On a décidé de traiter les informations de manière positive, dans une démarche de valorisation des artistes, des images, des projets. Il n'est pas question de juger, de casser, de se prendre pour des critiques d'art, ce que nous ne sommes absolument pas".

jeudi 31 août 2017

Le Vaux-Hall de Bruxelles

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Après cinq années de travaux, le Vaux-Hall a rallumé ses lampions cet été avec diverses animations. Situé dans le parc royal derrière le Théâtre Royal des Galeries, il date du début du 20ème siècle et abritait les fêtes de la haute société bruxelloise. Le terme vient du "Vaux Hall Spring Garden" près de Londres :  il réunissait nobles et bourgeois autour d'un pavillon d'orchestre et de galeries, plantés dans un jardin d'agrément. Beaucoup de bâtiments s'inspirant du concept ont pris à l'époque le nom de "Vaux Hall". Malheureusement, après les deux guerres mondiales, le Vaux-Hall tombe peu à peu dans l'oubli et ferme ses portes dans les années 60. La végétation du parc qui l'entoure, reprend ses droits. Il est classé en 1994 mais il faudra attendre 2012 pour que la Ville décide de le restaurer pour un budget de 2,7 millions d'euros. On ne peut que se réjouir de cette rénovation qui complète l'offre culturelle de notre capitale.


lundi 28 août 2017

Le fritkot au patrimoine immatériel de la Belgique

La veille de notre fête nationale, le fritkot a été inscrit au patrimoine immatériel de la Belgique lors d'une cérémonie en présence du prince Laurent et des ministres de la Culture des trois régions.

A cette occasion, Hugues Henry (concepteur de la Home Frit'Home à Forest) a répondu aux questions des quotidiens du groupe "Vers l'Avenir" :

"Quels sont les témoins les plus éclatants de cette culture fritkot?
- A Bruxelles, il y a la Maison Antoine, place Jourdan, la plus connue de Belgique. Je citerais aussi la Friterie du Bourdon à Uccle qui garde ce côté "caravane", ainsi que Frit Flagey. Et en Wallonie, il y a Chez Billy à Mons, Chez Robert à Charleroi, la Friterie Solange à Sinsin sur la N4, et jusqu'il y a peu, le Wagon Pullman à Bastogne.

- Vous pointez l'urbanisme : ses règles, comme celles liées à l'hygiène, ont failli tuer le bon vieux fritkot?
- A l'origine, après la deuxième guerre mondiale, la vraie friterie est subversive, indépendante, construite de bric et de broc dans des lieux de passage. On voyait beaucoup de baraques improbables, des bus, des caravanes, des chalets ou des annexes de bistrots où on plantait une cuve à huile. Il y en avait même en annexe des églises! Chaque village avait son fritkot. Le gros abbatage a débuté à la charnière des années 80 et 90. Les édiles voient d'un mauvais œil ce furoncle dans l'environnement. Ca vit la nuit, ça fait du boucan. On ne renouvelle alors plus les concessions, on vote de nouvelles règles d'urbanisme pour faire sauter les baraques, on renforce la sécurité incendie et les normes d'hygiène.

- La reconnaissance du fritkot n'arrive-t-elle pas trop tard?
- Elle arrive sans doute sur le tard car nulle part ailleurs qu'en Belgique, on ne trouve une telle institution...qui reste menacée. Il y a parfois eu des initiatives maladroites comme la volonté politique ici à Bruxelles de faire répondre la culture street-food, friteries comprises, à un design précis aux couleurs de la capitale. C'est absurde, car un fritkot est à l'image de son propriétaire. Il y avait l'idée de "faire propre" bien sûr, mais y a rien à faire : la frite, c'est gras et ça sent.

- La Nationale 4 est l'un des derniers témoins de la grande époque des fritkots.
- En termes d'archéologie frituresque, il reste beaucoup d'artefacts à y découvrir. Avant l'autoroute, la N4 était la principale route vers l'Ardenne. Elle était tellement réputée pour son nombre astronomique de baraques que les camionneurs allemands la surnommaient la "frittenstrasse". Aujourd'hui, le trafic l'a délaissée mais la frite y vivote toujours. 

- Pas de fritkot sans sauce?
- Comme la frite est une culture vivante, elle s'exprime partout. Les goûts en termes de sauces sont donc différents, et puis, chaque maison a sa sauce personnelle. Bien sûr aujourd'hui, la pression commerciale impose une débauche de sauces dans chaque établissement, alors qu'historiquement, il n'y avait que le pickles et la mayo, avec la saucisse sèche, les carbonnades et les moules au vinaigire.

- La qualité douteuse des viandes reste prétexte à toutes les blagues.
- On sait ce qu'on mange sans le savoir, mais est-ce important? On a son petit moment de plaisir, ça fait partie du folklore. Si ça devient quotidien, il faut quand même s'inquiéter....".

jeudi 24 août 2017

Les plus vieux jumeaux au monde....étaient belges!

Le 8 juillet dernier, nos compatriotes Petrus (Pierre) et Paulus (Paul) Langerock ont fêté leur 104ème anniversaire et étaient les plus vieux jumeaux en vie au monde!  Nés le 8 juillet 1913 à Audenarde (province de Flandre Orientale), ils fuient en 1914 lors de la première guerre mondiale vers Gand, puis Sluis aux Pays-Bas, avant que leur père, qui était président de la Cour d'Appel de Termonde puis de Gand, ne revienne dans leur maison familiale de Coupure. Comme une bonne partie de la bourgeoisie flamande de l'époque, les jumeaux sont élevés en français. Ils ont une sœur Eugénie qui, ne supportant plus l'emprise familiale, épouse un militaire polonais avec qui elle partira habiter aux Canada où ils auront trois enfants. Les jumeaux auraient voulu être médecins, mais leur mère s'y oppose. Ils feront le droit. Paul a suivi les traces de leur père en terminant sa carrière comme vice-président du tribunal de première instance d'Audenaerde.  Ils ne se sont pas mariés et n'ont pas eu d'enfants. Une fois retraités, ils décident de retourner vivre ensemble dans la maison familiale de Coupure qu'ils quitteront en 2012 à l'âge de 99 ans! Ils habitaient actuellement dans une maison de repos de Lathem-Saint-Martin.  Lorsqu'on leur avait demandé il y a deux ans leurs secrets de longévité, ils avaient répondu :  "Nous buvons un verre de vin de Bordeaux tous les jours. Nous mangeons sainement, mais nous apprécions les pralines Leonidas et les biscuits Delacre. Il est important de bien manger. Prendre soin de soi, c'est le secret. Nous mangeons des plats légers et nous ne courons pas derrière les filles. Nous avons toujours travaillé durement et nous avons toujours été ponctuels. Nous nous sommes toujours entendus. C'est normal car nous sommes identiques. Notre regret, c'est que nous n'avons pas eu d'enfants".

L'un des deux jumeaux est décédé fin juillet.

lundi 21 août 2017

Le Namur de Benoît Poelvoorde

On le sait :  malgré la célébrité, l'acteur Benoît Poelvoorde reste très attaché à sa ville de Namur où il a créé l'Intime Festival dont je vous ai déjà parlé (voir mon article :  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2017/06/5eme-intime-festival-namur.html).

Il vient de répondre à une interview des journaux du groupe Vers l'Avenir entièrement consacrée à sa ville :

"Benoît, comment juges-tu l'évolution de Namur?
- J'adore ma ville, je m'intéresse à ce qu'elle devient et je trouve qu'elle évolue bien. On ne s'en rend plus compte, mais c'est vachement beau, bien entretenu. On a une chance inouïe. Tous les jours que Dieu fait, je me le dis : on a une ville magnifique. Rien que les fleurs, je suis déjà enthousiaste. Là, je suis resté cinq mois à Paris et quand je suis rentré à Namur, je me suis dit : je ne comprends pas comment on peut vivre à Paris! Même Bruxelles, où j'ai vécu sept ans, je n'y retournerais pour rien au monde. Je suis né ici et je mourrai ici.

- Que penses-tu du bourgmestre de Namur Maxime Prévot?
- Je ne le connais pas mais je suis enchanté de ce qu'il fait pour notre ville. Ne fût-ce que l'éclairage public, les lampes en bord de Meuse, c'est très joli. Maintenant, je l'ai déjà maudit quelques fois : il y a tellement de travaux! Ca fait deux ans qu'on ne peut plus bouger le petit doigt sans qu'on change le sens de circulation. Ca me gonfle, ça.

- Quels sont les atouts de Namur, selon toi?
- C'est une ville qui propose beaucoup d'époques, déjà. Tu trouves des quartiers typiques, bien conservés. On sent un vrai respect du patrimoine, de nos racines. J'aime beaucoup le piétonnier, grâce auquel on voit de moins en moins de bagnoles et c'est vraiment pas plus mal. Je trouve aussi que Namur est démocratique. Une ville comme celle-là, en France, elle serait réservée à des niveaux sociaux très aisés. En périphérie parisienne, n'en parlons même pas, ce serait une vraie blinde.

- Que peux-tu lui reprocher?
- Il y a un truc qui m'attriste, c'est qu'on perd les magasins de proximité. Je ne dis pas ça parce que ma mère était épicière, mais pour l'alimentation de base, c'est soit les night&day, soit tu dois sortir de la ville pour aller dans les supermarchés. C'est dommage. Ce serait possible de remettre des commerces de proximité sans que ce soit forcément des trucs bios de bobos. Bon, cette proximité, on ne la perd pas dans les débits de boissons qui sont toujours aussi joyeux!

- Tu t'intéresses aux grands projets de Namur? Que penses-tu du futur Grognon?
- C'est magnifique, je trouve, ces espaces ouverts où on pourra flâner. Certains le boudent mais moi, je ne trouve pas du tout que ça défigure la citadelle. On a parfois tendance à vouloir garder Namur dans un écrin, mais il faut un peu d'audace, sinon ça va vite ressembler à une ville allemande! Il ne faut pas dénaturer Namur, mais on ne peut pas non plus se contenter d'entretenir les vieux cailloux. La capitale de la Wallonie doit avoir la tête haute, que diable!

- Est-ce que ta notoriété te complique la vie quand tu circules à Namur?
- Non, à Namur, tout le monde me connaît. Mais quand il y a des festivités qui attirent des gens de l'extérieur, là, j'évite de venir. C'est pas que çà m'emmerde, les gens sont gentils, mais être arrêté toutes les cinq minutes, à la fin, ça dure longtemps. Note qu'avec l'appareil photo sur les téléphones, maintenant, ça va plus vite. C'est lui qui fait le boulot. Avant, il fallait trouver un bic, un bout de papier. L'un dans l'autre, le selfie, ce n'est pas plus mal.

- Tu as déménagé?
- J'ai quitté Lustin pour Jambes depuis un peu moins d'un an. Je vis là en liberté surveillée, mais c'est bien. Quand tu vieillis, tu te rapproches de plus en plus de la ville. Tu y nais, puis tu t'en éloignes, puis tu reviens t'y installer en attendant la mort. Je finirai mes jours à Jambes. Jambes, ça fait vraiment ville de seniors, ça me plaît bien. Il y a beaucoup de magasins de bonne qualité, des bouchers, des fromagers. Je suis à deux doigts de m'acheter un petit caddie à roulettes pour en faire le tour. J'ai 10.000 sacs réutilisables mais je les oublie toujours.

- Et à Namur?
- Je vais peut-être étonner mais j'aime aller au marché du samedi à Namur. Quand je suis chez moi à Jambes, j'y vais chaque week-end, très tôt entre 8h30 et 9h, pour acheter des fleurs. J'adore ça. En plus, les prix sont intéressants. Ce qui me fait aussi le plus venir à Namur, ce sont les librairies. Je vais surtout chez Point Virgule et chez Papyrus. La troisième, Libris, ils sont gentils aussi, mais c'est trop grand, et puis ils vendent aussi des crayons et d'autres brols, ça m'ennuie un peu.  Je choisis mes livres sans lire la quatrième de couverture, mais en écoutant le conseil des libraires. J'ai un bon rapport avec eux, surtout au Point Virgule avec Anouck et Régis. Je me fous un peu des histoires. Ce que j'aime, c'est la belle écriture. Par contre, je ne vais jamais au théâtre de Namur car on est mal mis et j'ai mal aux genoux. Et puis, le théâtre, très vite, ça m'emmerde. C'est trop long. Non, franchement, là-dessus, je suis paresseux. Je devais aller voir une amie et je n'ai pas pu. Je suis désolé, ça me fatigue. Je serai plus vite au bar!".

jeudi 17 août 2017

Un bistrot belge au Laos !

Le long du Mékong, sur la promenade qui longe le fleuve, trône une effigie de Tintin à l'entrée d'un bistrot belge appelé "Chokdee"  (ce qui signifie "bonne chance" en lao). C'est là que Vincent, un jeune Belge, a posé ses valises il y a une dizaine d'années. Après avoir voyagé dans toute l'Asie, Vincent s'est installé à Vientiane au Laos, séduit par le pays et sa population attachante. Dans un premier temps, il décide de s'associer avec Kim, un Bruxellois qui tient déjà un petit restaurant où l'on sert aussi bien des pizzas que des kebabs. Ensemble, ils décident de lancer le concept de café belge, mais Kim se retire assez rapidement.

Vincent continue seul l'aventure et développe l'affaire. Il est aujourd'hui secondé par Stefan, un Ostendais. "Chokdee" propose une carte variée avec de nombreux plats de chez nous :  boulets liégeois, carbonades, waterzooi, 20 recettes de moules-frites, le tout pouvant être arrosé par un choix de 100 bières belges.

Plus d'infos :   https://www.petitfute.com/v52331-vientiane/c1165-restaurants/c1031-cuisines-du-monde/386109-chokdee-cafe.html

jeudi 6 juillet 2017

A lire sur mes deux autres blogs

Sur mon blog consacré aux écrivains belges :






Sur mon blog consacré à la famille royale belge :



Les missions économiques de la princesse Astrid :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/06/les-missions-economiques-de-la.html

Prix International Roi Baudouin pour le Développement en Afrique 2017 :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/06/prix-international-roi-baudouin-pour-le.html

Activités royales en juin 2017 :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/07/activites-royales-en-juin-2017.html

Avec ces 10 articles à (re)lire,  c'est l'occasion pour moi de prendre ma pause estivale, de partir quelques jours en vacances, de passer du temps avec mes proches et de préparer de nouveaux articles pour mes blogs. Je vous souhaite un bel été et, avec un peu d'avance, une bonne fête nationale. Je vous retrouve en août. Merci pour votre fidélité et à bientôt.

lundi 3 juillet 2017

Interview de l'humoriste Jérôme de Warzée

Pour (r)écouter ses sketchs :   youtube.com/user/jeromedewarzee

L'humoriste belge Jérôme de Warzée a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"On peut dire que cette saison 2 du "Grand Cactus" (RTBF) a été très réussie?
- Oui, on peut dire qu'on a fait une bonne saison. On a confirmé le bien qu'on disait de nous lors de la première saison. Thierry Luthers me disait l'autre jour qu'il avait l'habitude que les gens qui le croisent lui parlent de foot. Et que maintenant, ils lui parlent du "Grand Cactus". Et de ça, je suis fier : qu'on soit arrivé avec cette émission à toucher toutes les couches de la population. Mais il y a des gens qui ne nous aiment pas ; il faut toujours véhiculer un socle de mécontents!

- On peut parler d'une bande à de Warzée quand on évoque tous les gens qui participent au "Grand Cactus"?
- Forcément, il y a des comédiens avec lesquels on se connaît depuis des années. Il y a les auteurs aussi, les gens de la RTBF. Je dirais plus, même si c'est un peu fort, que c'est une communion. Tout ça, en fait, c'est un miracle. C'est assez rare de voir dans une émission télé que tout le monde est content de venir travailler. Il n'y a jamais eu aucun problème.

- Les équipes resteront-elles les mêmes pour la troisième saison en septembre?
- Oui. On va déjà commencer à bosser dessus. On organise des petits castings pour trouver d'autres coauteurs, afin qu'on en ait un peu plus.

- Vous êtes monté sur scène en juin avec un autre humoriste belge, votre ami André Lamy?
- Le but avec André est de mettre la lumière sur le Koek's Théâtre, pas sur nous. Ca fait un peu les deux vieilles racailles (il y a bien les vieilles canailles!). La première fois que je suis allé voir un one-man-show, c'était celui d'André. Et 30 ans plus tard, je me retrouve sur scène avec lui. Comme deux grands gamins!

- Pas de rivalité entre vous alors que vous êtes en concurrence chaque matin en radio :  vous sur Vivacité et André Lamy sur Bel RTL?
- Non. Nous, les chiffres, ça ne nous intéresse pas plus que ça. Nos séquences sont diffusées en même temps et on ne peut pas dire que l'un bouffe l'autre. Mais on se réécoute après pour voir l'angle que l'autre a pris sur tel ou tel sujet.

- Fabian Le Castel et Kody ont été approchés par la France, notamment par Cyril Hanouna. On vous fait aussi des propositions?
- Non. Il faut dire que je suis hors du circuit et que je n'ai plus joué à Paris depuis cinq ans. J'ai eu deux ou trois touches avec des radios françaises, mais c'est compliqué. Je ne veux pas lâcher la proie pour l'ombre, même s'il faudra un jour que je sorte de ma zone de confort".

jeudi 29 juin 2017

Le monde culturel à Laeken

            

En ce mois de juin, le Roi et la Reine ont déjeuné au château de Laeken avec dix personnalités belges du monde culturel :

- Laurent Busine, directeur honoraire du Musée d'Art Contemporain du Grand-Hornu
- Sidi Larbi Cherkaoui, directeur du Koninklijk Ballet van Vlaanderen
- Chris Dercon, intendant de la Volksbühne Berlin
- An Veronica Janssens, artiste
- François Schuiten, dessinateur dont je vous avais déjà parlé lorsqu'il avait réalisé la scénographie du nouveau musée du train à Schaerbeek (http://journalpetitbelge.blogspot.be/2015/10/le-nouveau-musee-du-train-schaerbeek.html)
- Jan Raes, directeur du Koninklijk Concertgebouw Amsterdam
- Jaco Van Dormael, cinéaste dont je vous ai déjà parlé (http://journalpetitbelge.blogspot.be/2015/09/sortie-du-nouveau-film-de-jaco-van.html)
- Serge Rangoni, directeur du Théâtre de Liège
- Ivo Van Hove, directeur du Toneelgroep Amsterdam
- David Van Reybrouck, écrivain dont je vous ai déjà parlé (http://journalpetitbelge.blogspot.be/2017/06/actualite-de-david-van-reybrouck.html)

Bonne idée des souverains de mettre à l'honneur ces dix personnalités culturelles qui font rayonner notre pays à l'étranger!

jeudi 22 juin 2017

Le Fiertel à Renaix

Le dimanche suivant la Pentecôte (c'était donc le 11 juin cette année), la châsse de Saint-Hermès est portée le long d'un parcours de 32,6km autour de Renaix (province de Flandre Orientale). Quelle est son origine?  Au Moyen Age, des malades mentaux, originaires des quatre coins du pays, allaient invoquer la clémence de leur saint patron Hermès afin d'obtenir la guérison. Pour cela, il fallait qu'ils se soumettent à des efforts physiques et à un recueillement religieux. C'est ainsi qu'est né le "Fiertel" (www.fiertel.be), un parcours annuel de 32,6km sur lequel est portée la châsse de Saint-Hermès. Tous ceux qui se trouvent dans ce cercle sont protégés des maladies mentales et autres malheurs. Chaque année, plus de 5.000 Renaisiens et sympathisants participent au Fiertel.

Le samedi, à 12h, neuf coups de canon annoncent le début de la neuvaine à Saint-Hermès et des fêtes communales. A 15h, les membres de la Royale Antique Gilde Saint-Hermès sont accueillis chez le doyen 't Joen. A 17h, la messe solennelle ouvre la neuvaine au saint patron de la ville.  Le lendemain, l'Harmonie Communale se rendra à l'hôtel de ville pour joindre en cortège la collégiale pour l'office de 7h célébré par l'évêque de Gand et les membres du clergé renaisien. A l'issue de la célébration, le doyen cède, à la demande du bourgmestre, la châsse aux bons soins des porteurs pour le "Grand Tour". Chaque arrêt le long de ce parcours de 32,6km a une signification religieuse ou historique. Le périple se situe à cheval sur les provinces de Flandre Orientale et du Hainaut. A Wattripont a lieu la rencontre entre le bourgmestre et le prince de Béthune, rappelant la remise autrefois de la charte de la liberté par le comte de Béthune aux Renaisiens. Un cortège allégorique et historique sillonne le centre-ville de Renaix à partir de 17h30 jusqu'au Te Deum final de 18h30 en la collégiale.

Par ailleurs, notre amie Tania vient, elle aussi, de consacrer un article à la ville de Renaix dont elle nous propose une petite visite guidée :   http://textespretextes.blogs.lalibre.be/tag/renaix

lundi 19 juin 2017

Nafissatou Thiam, nouvelle ambassadrice d'Unicef Belgique

                      

Née en 1994 à Bruxelles, notre compatriote Nafissatou Thiam vit en province de Namur. Elle fut championne olympique en heptathlon aux Jeux Olympiques de Rio, ce qui lui a valu le Trophée National du Mérite Sportif 2016, la plus haute récompense sportive belge qu'on ne peut avoir qu'une seule fois dans sa carrière.

Elle vient d'accepter de rejoindre le groupe d'ambassadeurs bénévoles d'Unicef-Belgique (dont font partie notamment Helmut Lotti, Axelle Red et Tatiana Silva), et a confié à la presse :  "Le projet dont je vais m'occuper touche à l'éducation et à l'enfance, deux causes qui me tiennent particulièrement à cœur. Si je peux contribuer, par mon image mais aussi par mes actes, à ce que l'éducation et l'enseignement des enfants deviennent des priorités, c'est avec plaisir que je le fais. Cette cause est plus importante que mes résultats sportifs. Je sais à quel point disposer d'un diplôme scolaire constitue un atout. C'est pour çà que je veux aller au bout de mes études de géographie à l'Université de Liège. Avoir accès à l'éducation est fondamental et tout le monde n'a pas cette chance-là".

Rappelons que c'est la reine Mathilde qui est la présidente d'honneur d'Unicef-Belgique :   http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/03/le-combat-de-la-reine-mathilde-pour-la.html

jeudi 15 juin 2017

Les parcs du groupe Studio 100

Le Studio 100, c'est une formidable réussite économique depuis 20 ans dont je vous ai déjà parlé (pour plus d'infos sur leurs premiers pas, relisez mon article http://journalpetitbelge.blogspot.be/2012/04/nouveaux-projets-de-studio-100.html).

Le Studio 100 possède désormais quatre parcs d'attractions dans notre pays :

- Plopsaland à La Panne (province de Flandre Occidentale)
Qui ne connaît pas l'emblématique parc Méli créé en 1935 à la côte belge qui est l'ancêtre de tous nos autres parcs d'attractions? Racheté en 1999 par le Studio 100, il ne cesse de se moderniser et de s'agrandir. Une toute nouvelle zone, Heidiland, vient d'être créée et est axée sur l'héroïne populaire de la télévision, Heidi, dans un décor de village de montagne suisse. L'attraction phare de cette zone est Heidi The Ride : des montagnes russes en bois où les visiteurs atteignent une vitesse de 71 km/h sur un parcours de 620 mètres qui évoque les Alpes. Toutes les 30 minutes, la pendule à coucou annonce un spectacle représentant des tableaux typiquement suisses.

- Plopsacoo à Stavelot (province de Liège)
La différence entre Plopsacoo et les autres parcs, c'est que l'entrée est gratuite. Une personne accompagnante qui veut juste se balader dans ce site autour de la célèbre cascade de Coo ou rencontrer les personnages Plopsa, et qui ne fait aucune attraction, ne paiera rien. Côté nouveauté, il faudra tester cette année le Dino Splash :  embarqués dans un bateau, vous glisserez dans différents toboggans le long d'une gigantesque montagne rocheuse et volcanique, où les dinosaures vous guettent.

- Plopsa Indoor à Hasselt (province du Limbourg) :
Comme son nom l'indique, sa particularité est d'être un parc à l'intérieur et d'être ouvert toute l'année. On y trouve notamment une piscine à balles, des auto tamponneuses, une ronde au canard, une mer en furie, etc. C'est donc plus destiné aux plus jeunes enfants qu'aux adolescents. Des spectacles à thèmes sont prévus toute l'année, et les personnages Plopsa font régulièrement leur apparition dans le parc.

- Plopsaqua à La Panne (province de Flandre Occidentale) :
Le parc aquatique Plopsaqua fête ses deux ans et est ouvert tous les jours, même le 25 décembre et le 1er janvier. Il compte une quinzaine d'attractions. Parmi elles, la Wild River où les plus grands secrets des Vikings sont à découvrir lors de cette baignade aventureuse à travers les canyons et les grottes mystérieuses. Le toboggan Sky Drop est situé à 20 mètres d'hauteur et permet d'avoir une vue sur le parc voisin de Plopsaland. Vous ferez une chute libre à grande vitesse à travers les virages de ce toboggan. Une piscine extérieure et un sauna sont également prévus pour les parents.

Bel été à tous, petits et grands !

jeudi 8 juin 2017

Nouvel album d'An Pierlé

Comme vous le savez et l'appréciez, l'un des objectifs du Journal d'un petit Belge est de parler de l'actualité et des projets des artistes de notre pays. Place aujourd'hui à An Pierlé à qui j'ai déjà consacré un article (pour le relire : http://journalpetitbelge.blogspot.be/2013/03/lartiste-belge-pierle.html) et qui sera en concert le 30 juin à l'abbaye de la Cambre dans le cadre du festival Musiq'3.

Son septième album est sorti en mai et s'intitule "Cluster", réalisé avec son compagnon Koen Gisen qui s'est occupé de la production et du mixage. On entend déjà une première chanson de l'album, "The Golden Down" :  https://www.youtube.com/watch?v=ncTRviCWLWo . Dans cet album inclassable, on retrouve les grandes orgues de l'église Saint-Jacob de Gand qui offrent un son moderne et envoûtant.

An Pierlé a confié aux quotidiens du groupe "Vers l'Avenir" :  "C'est vite dit "expérimental"! Moi, je pense que les radios deviennent pénibles à écouter. Le public est considéré comme trop "bête" pour pouvoir accéder à quelque chose de nouveau, différent, alors on est catalogués expérimental, ce qui signifie "difficile" pour les gens. Ce n'est pas inaccessible pourtant. Moi, je pense qu'on peut siffler sur mes airs. A 42 ans, je me sens libre, je ne cherche pas à faire du commercial. Faire un hit, connaître le succès, c'est très chouette, mais il faut alors le refaire tout le temps. Moi, j'ai choisi une carrière à long terme".

lundi 5 juin 2017

Actualité de David Van Reybrouck

Je vous avais déjà parlé de notre compatriote David Van Reybrouck (né à Bruges en 1971) lorsqu'il avait obtenu le Médicis 2012, prix du meilleur livre étranger, pour son essai "Congo. Une histoire" :   http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2012/11/prix-medicis-de-lessai-2012-pour-david.html

Les Editions Actes Sud (dont une des responsables est devenue récemment ministre française de la Culture) ont publié le dernier livre de David Van Reybrouck :  "Zinc" (75 pages). Il y raconte la destinée d'une poignée d'habitants du village de La Calamine ballotés et balayés par les guerres. Le personnage principal changera cinq fois de nationalité. Pour son service militaire, il portera l'uniforme belge. Bien qu'âgé déjà de 40 ans, après Stalingrad, il fut embrigadé dans la Wehrmacht. Dans la revue "Les Cahiers de la Semaine", Luc Beyer de Ryke commente :  "Jamais, il n'avait franchi les frontières. Ce sont les frontières qui l'ont traversé. Souvent et à travers ce récit aussi bref que poignant, on ressent combien les destinées sont comme des fétus de paille emportés par l'Histoire".

Autre actualité de David Van Reybrouck :  suite aux attentats en Europe, il a co-écrit le livre "La paix, çà s'apprend" avec Thomas d'Ansembourg (né à Uccle en 1957), un juriste devenu thérapeute. Ils ont deux parcours de vie totalement différents, l'un vient de la noblesse et l'autre non, le premier est néerlandophone et le deuxième est francophone, mais ils nous démontrent l'importance du dialogue.

                                                    

lundi 29 mai 2017

Les Belges à la Biennale de Venise

Plusieurs Belges participent actuellement à la célèbre Biennale d'art contemporain de Venise :

Axel Vervoordt
"Intuition" sera sa sixième et dernière exposition au Palazzo Fortuny. Avant d'ouvrir sa fondation au Kanaal près d'Anvers, l'antiquaire belge Axel Vervoordt montre une fois encore qu'il est un des meilleurs "assembleur" d'oeuvres d'art en faisant dialoguer dans la même pièce, près de l'atelier de Mariano Fortuny, l'immense toile faite de capsules métalliques "The Beginning and the End" du Ghanéen El Anatsui, la toile "Piazza d'Italia" de Giorgio De Chirico et la sculpture "Le Jour et la Nuit" d'Alexandre Calder.

2° Dirk Braeckman
Le photographe belge Dirk Braeckman expose ses clichés au pavillon belge où il défie les conventions :  des lieux vides où le temps semble s'être arrêté, des éléments d'intérieur interchangeables ou des personnages hors de toute émotion ou identité spécifique.

3° Jan Fabre
Dans le cadre de l'abbaye bénédictine de San Gregorio, Jan Fabre expose 40 oeuvres représentant ses 40 années de carrière artistique. Sa dernière oeuvre créée est un gigantesque scarabée en verre confectionné cette année dans les ateliers de Murano pour cette biennale.

Jan Fabre a répondu aux questions de la presse :
"Pourquoi avoir, dès vos débuts, choisi de travailler le verre et ensuite les ossements?
- Ce sont des matériaux très anciens qui me fascinent. J'ai un rapport très charnel avec le verre. C'est un matériau que l'on chauffe et qui change de forme, un peu comme l'utérus féminin. J'aime cette métaphore autour du verre qui peut être modulé comme bon vous semble, un peu comme les humains. Et puis, ce sont deux matériaux à la fois très solides mais aussi très fragiles. Les utiliser ensemble, çà m'a toujours beaucoup plu.

- C'est aussi une façon de célébrer les peintres flamands? La Flandre et son folklore sont d'ailleurs très présents dans votre travail?
- Oui, tout à fait. Van Eyck et tant d'autres utilisaient la poudre d'os pour peindre. Les crânes de verre associés aux squelettes de petits animaux ou d'oiseaux sont, par exemple, une référence à une guilde anversoise très ancienne.

- Vous utilisez constamment le bleu dans vos oeuvres, ce fameux bleu issu des bics. Comment vous est venue cette idée?
- C'est parce que je n'avais pas d'argent! J'ai commencé à utiliser l'encre des bics que je volais un peu partout parce que çà ne coûtait pas cher et j'ai trouvé cette couleur tellement fascinante, changeante avec la lumière, que j'ai plus pu m'en passer. Et puis, le bleu est une couleur très importante dans l'histoire de l'art. Par exemple, les vêtements de la Vierge sont toujours peints en bleu. Ici à Venise, le bleu occupe aussi une place très importante ; c'est un bleu plus moderne. Et puis, il y a l'heure bleue, ce moment de silence absolu où la nuit s'achève et les animaux ne sont pas encore éveillés. C'est magique...

- Et il y a ce canoë fait d'os, une pièce monumentale exposée pour la première fois, qui date de 1991 et qui prend une tout autre profondeur aujourd'hui?
- En tant qu'artiste, c'est à la fois formidable et horrible de constater qu'une pièce qui se voulait une critique du colonialisme il y a 25 ans, prend une tout autre signification aujourd'hui. Placée dans cette salle le long du Grand Canal de Venise, cette oeuvre résonne avec l'actualité de ces réfugiés qui débarquent sur les côtes italiennes, notamment. C'est à la fois grisant et honteux en même temps".

jeudi 25 mai 2017

En bref...

1° A l'occasion des 150 ans de "La légende d'Ulenspiegel" de Charles De Coster (dont je vous ai déjà parlé), une exposition a été organisée grâce à une subvention de l'accord culturel de 2012 entre la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une exposition commune "La légende continue : Ulenspiegel 150 ans après De Coster" sera présentée du 23 mars au 17 juillet 2017 aux Archives et Musée de la Littérature à Bruxelles, puis du 29 juillet au 10 septembre 2017 à Damme en province de Flandre Occidentale.

2° Le Musée de Flandre à Cassel (France) proposait jusqu'en janvier une exposition consacrée à la représentation de l'animal dans la peinture flamande du 17ème siècle. Il poursuit avec un deuxième volet intitulé "A poils et à plumes" et consacré cette fois à l'animal dans la création contemporaine de neuf artistes belges de renommée internationale (Jan Fabre et ses scarabées, Wim Delvoye et ses peaux de cochon, Koen Vanmechelen et ses croisements de gallinacées, p.ex.). Ces oeuvres sont mises en dialogue avec des peintures anciennes sorties des collections du musée.

3° A partir de septembre prochain, la Région de Bruxelles-Capitale et la Ville de Bruxelles organiseront une formation d'enseignants bilingues. Les instituteurs diplômés de cette formation (dispensée par les Hautes Ecoles Erasmus Brussel et Francisco Ferrer) seront en mesure de donner cours, aussi bien dans l'enseignement primaire néerlandophone que francophone. Cette initiative devrait, en outre, résoudre le problème récurrent de manque de professeurs de néerlandais dans les écoles francophones.

4° Eduqué dans les deux langues (le français à la maison et le néerlandais à l'école), Pierre Schoentjes est devenu l'un des plus grands chercheurs flamands spécialisés en littérature française postérieure à 1980. Il est le professeur titulaire de la chaire de littérature française de l'Université de Gand. Récemment, l'ambassadrice de France en Belgique lui a remis les insignes de chevalier de l'Ordre des Palmes Académiques.

5° Suite à la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne, l'European Union Baroque Orchestra va quitter son siège de Woodstock dans l'Oxfordshire pour s'installer....à Anvers en Belgique. Créé en 1985, cet orchestre a donné plus de 600 concerts dans les plus grandes salles du monde dans 51 pays différents. Le but premier est de permettre à de jeunes musiciens de l'Union Européenne de travailler dans un orchestre professionnel et d'y être dirigés par des chefs de haut niveau. Depuis le Brexit, ses responsables cherchaient un nouveau lieu pour les accueillir, et leur choix s'est porté sur l'Amuz, le centre international de musique installé dans l'ancienne église baroque Saint-Augustin à Anvers. L'Amuz accueille de nombreuses formations, et dispose d'une salle de concert performante et d'un centre de recherche.

lundi 22 mai 2017

La bière belge reconnue par l'Unesco

Ce week-end, les trois ministres de la Culture (Alda Greoli pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Weykmans pour la communauté germanophone et Sven Gatz pour la Flandre) ont reçu officiellement le certificat attestant la reconnaissance de la culture de la bière au patrimoine immatériel mondial de l'Unesco. La candidature avait été introduite il y a deux ans grâce à la bonne collaboration entre nos trois communautés dans ce dossier. Prochaine étape pour la bière belge :  l'ouverture prévue en 2020 d'un "temple" de la bière dans le bâtiment de la Bourse, située non loin de la grand-place de Bruxelles.

Pour les personnes intéressées, voici un blog consacré aux bières belges :  http://bieresbelges.skynetblogs.be

Et vous, quelles sont vos bières belges préférées?

mercredi 17 mai 2017

La Belgique 4ème au Concours Eurovision

Après la 4ème place de Loïc Nottet en 2015 et la 10ème place de Laura Tesoro en 2016, notre pays s'est à nouveau classé 4ème du Concours Eurovision ce week-end. C'est Blanche (de son vrai nom Ellie Delvaux), une jeune bruxelloise de 18 ans, qui nous représentait. Elle avait participé à la cinquième saison de "The Voice Belgique" sur la RTBF. Sa chanson "City lights" est déjà disque d'or. Pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=oxsCmChDYwA

Rappelons que la Belgique n'a gagné qu'une seule fois l'Eurovision :  c'était en 1986 grâce à la chanson "J'aime la vie" de Sandra Kim. Plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.be/2009/05/la-belgique-et-leurovision.html

jeudi 11 mai 2017

Expo Pol Bury à Bruxelles

Jusqu'au 4 juin, le palais des Beaux-Arts de Bruxelles propose une exposition consacrée à l'artiste Pol Bury (1922-2005). Né dans la province du Hainaut, il étudie à l'Académie des Beaux-Arts de Mons, avant de participer à divers mouvements (surréalisme, Cobra, art cinétique). Personnellement, je ne connaissais que ses fontaines mobiles publiques en acier, mais le mérite de cette exposition est de montrer ce qu'il a fait d'autre dans sa carrière artistique. Notre amie Tania a fait un compte-rendu détaillé de l'exposition :   http://textespretextes.blogs.lalibre.be/tag/pol+bury . Point négatif : le prix d'entrée de l'exposition (16 euros) qui ne donne pas accès aux autres expositions.

jeudi 4 mai 2017

A la côte belge...

1° Le MuZee d'Ostende propose en ce moment l'exposition "La résistance en images" autour du peintre, dessinateur, illustrateur et maître graveur belge Frans Masereel (1889-1972). Elle met en avant l'engagement social et pacifique d'artistes de son époque. Notre amie Adrienne l'a visitée et en a fait un compte-rendu sur son blog :    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2017/04/15/m-comme-masereel-8718598.html

2° La station balnéaire d'Oostduinkerke a lancé un concours original qui vous permettra de profiter d'une cabine de plage pendant un mois. Le concours est simple :  il consiste à envoyer une photo originale ou/et drôle prise sur une plage de notre littoral. Les clichés sont à envoyer à l'adresse strandcabine@koksijde.be . Vous devez mentionner dans le mail votre nom, votre ville et votre numéro de téléphone. Jusqu'au 31 mai, chaque participant ne peut envoyer qu'une seule photo. Toutes les photos seront ensuite partagées sur la page Facebook de Koksijde-Oostduinkerke du 1er au 15 juin. Les deux personnes dont les photos auront obtenu le plus de like remporteront donc une cabine de plage gratuite pendant un mois (soit en juillet, soit en août).

Rappelons que la côte belge compte environ 800 à 900 cabines qui sont toujours autant demandées l'été. Elles ne sont disponibles qu'à partir de la deuxième semaine après la Pentecôte jusqu'à fin septembre. Elles sont démontées en dehors de ces périodes. Le prix de location pour une cabine démarre à 15 euros pour une journée, et il faut compter 300 euros pour un mois d'été. Que met-on dans ces cabines en bois?  Généralement, ce sont des familles avec des petits enfants qui les louent, et cela leur permet d'entreposer tout le matériel de plage, et ainsi éviter de devoir l'amener sur le sable chaque jour, puis de le ramener à l'appartement. A noter qu'à Saint-Idesbald, certaines cabines sont décorées par des artistes et ont été rebaptisées "Cabin'art".

lundi 1 mai 2017

Stéphanie de Lannoy : une Belge à la Cour du Luxembourg

                            
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(Article actualisé en juillet 2017)

Au printemps 2012,  la Cour grand-ducale luxembourgeoise a annoncé les fiançailles du grand-duc héritier Guillaume (30 ans à l'époque) avec la comtesse Stéphanie de Lannoy, une jeune et discrète femme belge. Les ayant déjà vus en public, je les ai trouvés sympas et accessibles, pas du tout guindés.

Leur mariage civil a eu lieu le 19 octobre 2012 à l'hôtel de ville de Luxembourg (une première pour un futur souverain car cela avait lieu traditionnellement au palais grand-ducal). Leur mariage religieux s'est déroulé le lendemain en la cathédrale de Luxembourg, en présence de la famille grand-ducale luxembourgeoise et de la famille royale belge au complet, ainsi que de nombreux autres représentants du Gotha. Stéphanie portait une robe du couturier Elie Saab et le diadème de la famille de Lannoy.

Conférence de presse des fiancés à quelques jours de leur mariage :   http://www.parismatch.com/Royal-Blog/famille-royale-Luxembourg/Mariage-Luxembourg-Guillaume-et-Stephanie-en-interview-avec-Paris-Match-170765

Plus d'infos sur la jeunesse de Stéphanie : http://royalementblog.blogspot.be/2012/07/la-comtesse-stephanie-de-lannoy-future.html

Plus d'infos sur l'Hôtel de Lannoy à Bruxelles :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/08/hotel-de-lannoy.html

Plus d'infos sur la branche luxembourgeoise des Lannoy :  http://royalementblog.blogspot.be/2012/09/la-branche-luxembourgeoise-des-lannoy.html

Plus d'infos sur les ancêtres communs de Guillaume et Stéphanie :   http://royalementblog.blogspot.be/2012/05/precis-genealogique-sur-les-origines-de.html

Plus d'infos sur le diadème de la famille de Lannoy (porté par Stéphanie le jour de son mariage) :  www.noblesseetroyautes.com/le-diademe-de-la-famille-de-lannoy

L'interview de ses 32 ans
A l'occasion de ses 32 ans en 2016, la grande-duchesse héritière a répondu aux questions d'Isabelle Rivère pour le magazine "Point de Vue" :

"Vous êtes entrée dans la famille grand-ducale à l'automne 2012. Trois ans, était-ce le temps qu'il fallait pour vous permettre d'embrasser cette existence entièrement nouvelle pour vous, pour commencer à tracer votre propre chemin?
- On dit souvent, en effet, que ce cap est une étape décisive, que trois années sont nécessaires pour intégrer pleinement les changements, les bouleversements de la vie. Il en a été ainsi pour moi, en tout cas. Je ne suis plus la même personne aujourd'hui, j'ai pris mes marques, j'ai gagné en assurance aussi, je me sens plus téméraire dans ce que j'entreprends, dans mes choix. Comme si, désormais, le rôle de grande-duchesse héritière faisait partie intégrante de ce que je suis, de ma personnalité, ce qui n'était pas le cas au début de mon mariage. J'y aspirais de toutes mes forces, bien sûr, j'étais face à de nouvelles responsabilités et j'y répondais du mieux que je le pouvais, mais à l'époque, certaines choses me paraissaient encore un peu abstraites. Depuis, j'ai, certes, beaucoup appris dans de nombreux domaines, mais j'ai surtout beaucoup évolué, beaucoup mûri, beaucoup appris sur moi-même. Je me sens pleinement luxembourgeoise, je suis ici chez moi.

- Le métier de princesse est un métier au service des autres, un métier de devoir. Plus jeune, dites-vous, vous ne vous seriez jamais imaginée capable de faire ce que vous faites aujourd'hui.
- Je n'aime pas la notion de devoir qui implique une notion de contrainte, celle de service me paraît plus juste. Il est impossible, à mes yeux, de faire correctement son devoir si on ne se place pas, d'abord et avant tout, au service des autres. Peu après mon mariage, on m'avait posé la question :  "Que veut dire pour vous être grande-duchesse héritière?". J'avais répondu spontanément : "Ce n'est pas quelque chose que l'on apprend, c'est quelque chose qui vient tout entier du cœur". Il y a, dans le fait de servir, une idée de gratuité, et c'est bien cette gratuité que j'aime et qui distingue notre métier de la plupart des autres. Il faut être conscient de cette chance.

- L'éducation que vous ont donnée vos parents, les valeurs qu'ils vous ont transmises, vous y avaient-elles, d'une certaine manière, préparée?
- La notion de responsabilité était essentielle pour mes parents, ils nous l'ont enseignée par l'exemple, par le modèle de vie qu'ils s'étaient choisi. Ils avaient hérité d'une propriété familiale en Belgique, près de la frontière française (c'est là que j'ai grandi) et en étaient très reconnaissants. Tous deux s'impliquaient bénévolement, de manière très active, dans l'action associative locale. Chaque soir ou presque, mon père partait assister à des réunions, il était président de l'école. Maman, elle, avait créé la bibliothèque du village. J'ai appris, compris très tôt, grâce à eux que les cadeaux que nous recevons de l'existence s'accompagnent d'une responsabilité, et je considère là encore comme une chance, comme une force, d'avoir pu intégrer cela dès mon plus jeune âge.

- Le rôle de grande-duchesse héritière implique toutefois des obligations, des contraintes particulières. Le prestige, la dimension historique qui lui sont associés ne vous ont jamais intimidée?
- Lorsque, avec Guillaume, nous avons décidé de nous marier, il était naturel pour moi que ce choix s'accompagne de responsabilités. Je ne l'ai jamais remis en question, je ne me suis jamais rebellée contre cela, bien au contraire. Intimidée, oui, bien sûr, je l'ai été. Mais j'avais la chance d'avoir grandi dans un milieu qui, sans être celui dans lequel j'évolue aujourd'hui, n'en était pas très éloigné. Je connaissais une partie de la famille de Guillaume, ses cousines notamment, bien avant de le rencontrer, son monde ne m'était pas étranger. Et je dois dire que ma belle-mère, la grande-duchesse, est très bienveillante avec moi. Je sais que j'ai son écoute, si besoin est, et cela est très important.

- Votre nouvelle vie en tant que princesse vous a-t-elle confrontée à des difficultés, procuré des joies auxquelles vous ne vous attendiez pas?
- Des difficultés, il y en a eu, bien sûr, mais à mes yeux, seul compte l'aspect positif des choses. J'ai la chance de rencontrer des personnes de tout âge et venues de tous horizons. Le contact humain a toujours été essentiel pour moi, et c'est sans doute là le plus grand trésor que m'ont apporté les trois années qui viennent de s'écouler. Les gens se confient souvent à nous, c'est très émouvant, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est ce qu'ils nous apportent à nous aussi, combien nous nous enrichissons à leur contact. Cela fait vraiment partie de ce que je vis tous les jours de plus beau.

- Comment le grand-duc héritier Guillaume a-t-il accompagné, guidé vos premiers pas sur la scène publique?
- Le contexte était très particulier. J'ai perdu ma mère moins de deux mois avant mon mariage, sa disparition était très soudaine. Au bonheur est venu se greffer le chagrin. Cette période de ma vie, qui aurait dû être si heureuse, a en fait été très difficile. Sans Guillaume, je n'aurais jamais réussi à la traverser, comme je l'ai fait. J'étais en proie à toutes sortes d'émotions et d'humeurs changeantes, mais il était toujours attentif, il m'aidait à avancer sans jamais me brusquer. Un couple vit immanquablement des épreuves, mais il est rare qu'il les affronte avant de se marier. Ces deux mois de deuil et de préparatifs mêlés nous ont rendus plus forts encore, je me rends compte aujourd'hui à quel point, alors, nous avons consolidé notre amour.

- Si l'on vous demandait de brosser en quelques mots le portrait du grand-duc héritier Guillaume, comment le décririez-vous?
- Guillaume est un mari très présent, très attentionné, très à l'écoute, exceptionnellement à l'écoute, même. Comme beaucoup de femmes, j'aime parler... Dans un couple, il est important d'être attentif l'un à l'autre, bien sûr, mais cela est également essentiel dans notre métier. Ce que nous vivons se révèle parfois difficile à appréhender pour quelqu'un de l'extérieur, même très proche, et je sais que mon mari est l'une des seules personnes au monde capables de le comprendre. Il se révèle d'ailleurs toujours de très bon conseil. Guillaume a un caractère très fédérateur, il crée facilement des liens entre lui et les autres, mais aussi entre les gens eux-mêmes, ce qui est une qualité plutôt rare. Nous partageons en outre un même amour de la musique. Même si ses goûts sont un peu moins classiques que les miens, Guillaume a une oreille très musicale, il chante remarquablement, il compose. J'ai aussi la chance d'avoir épousé un homme qui cuisine très bien!

- Vous avez fait le choix de travailler ensemble et de remplir la plupart de vos engagements officiels en couple.
- Nous travaillons ensemble dans de nombreux domaines, nous effectuons quasiment toutes les missions économiques à deux, par exemple. En réalité, nous n'avons pas d'emploi du temps fixe, pas de journée type, car notre rôle est d'être à l'écoute des besoins et des demandes des Luxembourgeois, au moment où celles-ci se présentent. A l'heure où je vous parle, je peux difficilement vous dire ce que je ferai dans six mois ou un an, même si je travaillerai toujours à essayer d'apporter une réponse aux problèmes qui me tiennent à cœur, comme la solitude et l'isolement, deux maux qui ne cessent de gagner du terrain dans nos sociétés modernes. Ce ne sont pas nos intérêts que Guillaume et moi devons mettre en avant, mais ceux des Luxembourgeois, et cela passe par une attention de chaque instant à leurs préoccupations, à leurs problèmes.

- En septembre dernier, vous avez répondu à l'invitation du prince Haakon et de la princesse Mette-Marit de Norvège à participer à un week-end en compagnie de plusieurs autres couples héritiers. En quoi ces réunions, qui ont maintenant lieu régulièrement, sont-elles importantes?
- Nous faisons le même métier, un métier que nous ne sommes pas nombreux à exercer. Nos pays sont différents, les problématiques y sont différentes, mais les choses qui nous tracassent, les difficultés que nous rencontrons sont souvent similaires. Nous pouvons vraiment nous entraider sur de nombreux sujets. Voilà pourquoi ces réunions sont très utiles. Par ailleurs, nous sommes tous liés par une solide amitié. Ces deux journées nous permettent de passer du temps ensemble. Nous sommes toujours heureux de nous retrouver.

- Votre époux et vous-même parvenez-vous à vous ménager des espace de liberté, de "normalité"?
- Oui. Il est essentiel de faire une distinction claire entre la sphère publique et la sphère privée. Si on ne les sépare pas, ce n'est pas tenable. Nous avons notamment tous les deux la chance d'avoir des familles très unies et qui aiment se retrouver. Nous passons donc beaucoup de temps avec nos proches le week-end et pendant les vacances. Les amis tiennent eux aussi une place importante dans notre vie. J'ai gardé contact avec tous ceux que j'avais avant mon mariage, nous nous appelons, nous nous voyons le plus souvent possible. Je suis convaincue que seule une vie personnelle épanouie permet ensuite, dans le cadre officiel, de donner le meilleur de soi.

- Et de rester fidèle à ce que l'on est?
- On ne peut pas être au service des autres en jouant un rôle. Tricher n'a pas de sens".

Domaine social
Lors de leur mariage, Renault Luxembourg leur a offert une nouvelle Renault Clio. Les jeunes mariés ont décidé de l'offrir à l'Association Luxembourg Alzheimer. Le véhicule sera utilisé par les services social, psychologique et ergothérapeutique de l'association.

Ils ont également reçu 157.810 euros de dons de Luxembourgeois (particuliers ou entreprises). Une partie de cet argent a été attribué au projet Connect de l'Université de Luxembourg qui a pour objectif la mise en place d'une plate-forme web interactive qui permettra d'améliorer la planification de la prise en charge des personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer ou une démence associée.

La grande-duchesse héritière est un des quatre administrateurs de la Fondation Grand-Duc et Grande-Duchesse de Luxembourg, et accorde son Haut Patronage au laboratoire scolaire du Luxembourg Centre for System Biomedecine de l'Université de Luxembourg.

Domaine culturel

Depuis mars 2013, la grande-duchesse héritière accorde son Haut Patronage à l'association des Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg. Fondée en 1976 par des passionnés d'art et d'histoire, cette association compte plus de 1.700 membres qui contribuent à l'enrichissement des collections, à la sauvegarde du patrimoine culturel, à la promotion de l'art et de l'histoire, ainsi qu'à mieux faire connaître les collections muséales et les sites culturels luxembourgeois à l'étranger.

A l'occasion de leur visite à la Biennale de Venise en mai 2015, Guillaume et Stéphanie se confient au magazine "Point de Vue" :

"Quelles sont vos premières impressions de cette Biennale?
-  S : C'est la première fois que nous nous rendons à Venise, et donc à la Biennale. Nous avons bien entendu profité de notre venue pour visiter les Giardini, et notamment les pavillons de la France et de la Belgique. Nous avons été impressionnés par la diversité et la richesse artistiques des expositions. Je trouve très belle la symbolique de perpétuer la tradition artistique contemporaine dans une cité si chargée de patrimoine historique.
- G : Nous avons également eu l'opportunité de découvrir l'impressionnante collection d'art moderne de Peggy Guggenheim et de redécouvrir nombre d'oeuvres surréalistes ou abstraites dans cette demeure unique en son genre.

- Qu'avez-vous pensé du pavillon "Paradiso Lussemburgo" imaginé par Filip Markiewicz? Connaissiez-vous son travail?
- G : Le pavillon Ca'del Duca est une petite merveille. Mon épouse et moi-même n'avions pas eu l'occasion de rencontrer Filip Markiewicz auparavant, et nous avons tous les deux été impressionnés par son talent. J'étais particulièrement fier de faire la rencontre d'un jeune homme engagé qui, par le biais de l'art, souhaite sensibiliser les visiteurs à certains problèmes sociétaux qui lui sont chers. Non seulement il s'agit d'un dessinateur hors pair, mais de surcroît, il réussit à mettre en scène différents moyens d'expression tels que la danse, la musique, la sculpture,...en créant un ensemble qui à travers le message véhiculé parvient à toucher le visiteur.
- S : Par ailleurs, il a voulu montrer à la fois la richesse, la diversité et la complexité du grand-duché de Luxembourg. C'est un fameux défi et il l'a relevé de manière exemplaire!

- Comment percevez-vous la présence de plusieurs dessins représentant la famille grand-ducale dont vous-mêmes lors de votre mariage?
- G : Filip Markiewicz parvient à dresser un panorama de l'actualité très complet et nous avons été très touchés que notre famille en fasse partie. D'ailleurs, nous lui avons demandé une copie du dessin illustrant notre mariage.

- Quelle place a l'art contemporain dans vos passions et loisirs?
- S : La passion des jeunes artistes luxembourgeois nous touche et nous impressionne. Nous accordons beaucoup d'importance à l'art et à la création, car nous croyons que c'est une composante incontournable d'un pays. J'ai d'ailleurs accepté le Haut Patronage de l'association des Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg.
- G : Je pense que l'une des plus belles manières de porter haut les couleurs d'un pays se fait à travers la culture. Ce fut le cas en 2003 quand, grâce au travail de Su-Mei Tse, le Luxembourg se voit attribuer le Lion d'Or de la meilleure participation nationale de la Biennale, tout comme aujourd'hui où d'autres artistes, tels Filip Markiewicz, font la fierté du grand-duché".

En 2015, la grande-duchesse héritière se rend aussi à Bruxelles où elle est l'invitée personnelle de la reine Mathilde dans la loge royale du palais des Beaux-Arts pour assister à une finale du Concours Musical Reine Elisabeth, créé par l'arrière-arrière-grand-mère de son époux.

Le nouveau conseil d'administration du Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean de Luxembourg (MUDAM) est approuvé par le gouvernement luxembourgeois en janvier 2016 pour un mandat de six ans. Il passe de 14 à 7 membres, et sera présidé par la grande-duchesse héritière Stéphanie (en remplacement de l'ancien premier ministre Jacques Santer).

Un mois plus tard, elle accompagne les Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg au Grand Palais à Paris pour y visiter les expositions consacrées à Picasso et Lucien Clergue. Le magazine français "Point de Vue" lui demande à l'occasion de ses 32 ans :

"Vous semblez aujourd'hui faire des arts, et de la culture en général, l'une de vos priorités?
- Cela a toujours été le cas, j'ai toujours porté un vif intérêt à l'art. Mon travail dans ce domaine s'est simplement trouvé davantage médiatisé ces derniers temps. J'ai également repris le Haut Patronage des Amis des Musées d'Art et d'Histoire Luxembourg, par exemple, ce qui me paraissait être une démarche profondément en lien avec mon histoire personnelle. Vous savez, je ne connaissais pas bien le grand-duché lorsque j'y suis arrivée, Guillaume et moi étions tout juste fiancés. J'étais curieuse de tout, de la vie du pays, de ses traditions. Mon premier réflexe a tout naturellement été de commencer par visiter ses musées, et j'ai été épatée par ce que j'ai découvert, par le dynamisme et la richesse culturelle du Luxembourg. Ici, pas une seule petite ville qui n'ait son musée, ses collections, pour la plupart d'une qualité exceptionnelle. Je trouve cela vraiment impressionnant.

- Vous venez d'accepter la présidence du conseil d'administration du MUDAM. Comment voyez-vous votre rôle à la tête de cette institution?
- Je suis très honorée d'avoir été choisie, très touchée aussi. Le MUDAM est l'un des fleurons de la vie culturelle du Luxembourg. Sa renommée s'étend bien au-delà des frontières du grand-duché. Je suis entourée, au conseil d'administration comme dans l'équipe dirigeante, de personnes de grande qualité, extrêmement compétentes, vous me voyez donc très confiante, très enthousiaste. Le fait qu'un membre de la famille reprenne la présidence du musée qui porte le nom de notre grand-père est également très symbolique. Le grand-duc Jean est un homme que j'admire énormément, et pour qui j'ai une immense affection.

- Vous jouez du piano et du violon. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie?
- Mes parents nous ont plus ou moins tous obligés à faire de la musique classique. Nous sommes huit enfants, tous passés par le conservatoire. Je ne sais pas si, très jeune, j'avais conscience de la chance que j'avais, mais ce qui est certain, c'est que je me suis réellement approprié la musique classique vers 12-13 ans, lorsque j'ai souhaité apprendre le violon. Jusque là, je jouais du piano, un instrument "fortement conseillé" par mes parents. Mais le violon était mon choix, je devenais d'un seul coup proactive. Résultat : j'ai découvert la musique autrement, j'ai vraiment accroché. Le violon est un instrument que j'ai beaucoup beaucoup aimé. Je n'en joue plus aussi souvent que je le voudrais, malheureusement, mais la musique est toujours très présente dans ma vie. Je ne pourrais pas concevoir l'existence sans elle. La musique est essentielle à notre nature profonde, elle sait toujours trouver le chemin de l'âme".

En tant que présidente du MUDAM (qui fête ses 10 ans en 2016), Stéphanie est présente au vernissage de l'exposition de l'artiste belge Wim Delvoye - qui avait marqué l'ouverture du musée avec la création de sa "Chapelle" - et y accueille le grand-duc Jean venu voir en privé l'exposition qui propose deux oeuvres de l'artiste achetées par la grande-duchesse Joséphine-Charlotte pour sa collection privée d'art moderne. Le 2 juillet, les grands-ducs héritiers et le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel assistent à la cérémonie officielle du dixième anniversaire du MUDAM.

Le 29 septembre, Stéphanie assiste à une conférence publique d'Asker Pelgrom sur le peintre romantique Barend Cornelis Koekkoek, auteur de l'oeuvre "Vue sur le château de Larochette". Ce tableau a été peint en 1848 pour Guillaume II, roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg. En mai, le Musée d'Art et d'Histoire de Luxembourg avait lancé une campagne de crowdfunding afin d'acquérir ce tableau (75.000 euros avaient déjà été récoltés fin septembre sur les 100.000 euros espérés).

Fait rarissime le 7 octobre :  Henri, Maria-Teresa, Guillaume et Stéphanie se rendent ensemble à l'étranger pour visiter une exposition ("Néron : empereur, artiste et tyran" à Trêves en Allemagne). En décembre, nouveau déplacement culturel à l'étranger pour la grande-duchesse héritière : elle visite l'exposition "21, rue La Boétie" au Musée de la Boverie à Liège (Belgique) en compagnie du secrétaire d'Etat luxembourgeois à la Culture Guy Arendt et de la journaliste française Anne Sinclair (auteur du livre sur lequel est basée l'exposition).

Première initiative culturelle de Guillaume et Stéphanie :  organiser une exposition pour encourager l'artisanat d'art contemporain. Mis en place par le commissaire Jean-Marc Dimanche, l'exposition "De mains de maîtres" présentait 200 oeuvres d'une soixantaine d'artistes et d'artisans (principalement luxembourgeois) :  céramique, verrerie, ébénisterie, haute couture, gravure, ferronnerie, etc. Elle a demandé sept mois de préparation pour sélectionner les pièces à présenter, mais aussi trouver la bonne manière de le faire dans les mille mètres carrés du deuxième étage de l'ancien siège de l'ARBED à Luxembourg. Toutes les oeuvres étaient en vente. Plus de 10.000 personnes s'y sont rendues du 1er au 5 décembre (trois jours pour le grand public, un jour pour les professionnels et un autre pour les écoles). Pari donc réussi pour les grands-ducs héritiers.

Le couple s'est réparti les discours :  Stéphanie lors du vernissage de l'exposition, Guillaume pour la soirée en l'honneur des artisans ayant œuvré à la restauration de l'ancien siège de l'ARBED. Ils sont également retournés à l'exposition avec des lycéens luxembourgeois. Et le 15 décembre, à la Chambre des Métiers, Stéphanie remet le prix du jury de l'exposition à la céramiste néerlandaise Ellen van der Woude.

En avril 2017, la grande-duchesse héritière emmène le magazine français "Point de Vue" à l'ancien couvent de Neumünster (Luxembourg)  "qui est aujourd'hui un centre culturel très actif mais a longtemps été utilisé comme prison, notamment pendant l'occupation allemande de la dernière guerre. On venait à l'emplacement où nous sommes pour dire un dernier adieu à son amoureux prisonnier qui passait dans la cour avant d'être incarcéré ou même exécuté".

Elle évoque aussi le Kirchberg sur les hauteurs de la capitale :   "C'est là que sont les institutions européennes basées au Luxembourg, mais aussi la Philharmonie, conçue par Christian de Portzamparc, et le MUDAM, le musée d'art moderne, oeuvre de l'architecte Ieoh Ming Pei, dont je préside le conseil d'administration depuis janvier 2016. J'étais déjà très impliquée dans l'art avec le Haut Patronage des Amis des Musées de Luxembourg. C'est une excellente fenêtre par rapport à l'étranger. Le MUDAM a d'ailleurs une reconnaissance internationale et accueille des expositions des plus grands artistes contemporains, comme Tony Cragg en ce moment. Le bâtiment est extraordinaire de beauté et intègre une partie du vieux fort Thüngen. Une manière d'enraciner l'art d'aujourd'hui dans celui du passé. La promotion de l'art me tient particulièrement à cœur. A l'exposition "De mains de maîtres", les Luxembourgeois étaient surpris de ce qui se faisait dans leur pays. Comme je suis sûre que les visiteurs du Grand Palais à Paris seront bientôt étonnés".

Son époux ajoute :  "Il s'agit de sensibiliser la jeunesse à ces métiers, sachant que l'artisanat représente 25% du tissu économique national et que deux mille départs à la retraite se profilent à échéance de dix ans. Nous avons notamment rencontré, lors de l'exposition, Anne-Claude Jeitz et Alain Calliste, deux maîtres verriers, qui vont être d'une autre aventure, début mai à Paris au Grand Palais, puisqu'ils feront partie des huit artisans d'art luxembourgeois présents à l'exposition "Révélations"".

En mai, les grands-ducs héritiers effectuent trois déplacements culturels à l'étranger. Ils se rendent d'abord au Grand Palais à Paris pour la troisième édition du salon international "Révélations", rendez-vous des passionnés de l'artisanat, de l'art et de la création. Pour la première fois, le grand-duché de Luxembourg y dispose d'un stand grâce à neuf artistes s'étant distingués lors de l'exposition "De mains de maître". Une réception est offerte à cette occasion par le gouvernement luxembourgeois. Guillaume et Stéphanie se rendent ensuite à la 57ème Biennale d'Art Contemporain de Venise pour y découvrir les pavillons luxembourgeois et belge. C'est l'artiste Mike Bourscheid qui est chargé de représenter le grand-duché. Puis, direction le 70ème festival de Cannes pour la soirée d'ouverture, et une visite du marché du film avec Guy Daleiden (directeur du Film Fund Luxembourg) et le premier ministre Xavier Bettel afin d'encourager la centaine de représentants du cinéma luxembourgeois.

En visite officielle à Luxembourg, la duchesse Catherine de Cambridge est accompagnée de Stéphanie lors de quatre activités culturelles :  visite de l'exposition Tony Cragg et Darren Almond au MUDAM, découverte des salles du Letzebuerg City Museum consacrées à l'évolution de la ville, promenade le long de la Corniche (inscrite au patrimoine de l'Unesco), et vernissage de l'exposition "1867. Luxembourg-ville ouverte". La duchesse a également été reçue au palais grand-ducal par la famille grand-ducale de Luxembourg.

Lors de la procession de l'Octave en mai, Stéphanie porte un bibi réalisé par Sylvia Martinez (Les Folie's Bibis), une Espagnole qui vit depuis plusieurs années en Lorraine et qui fait également partie d'une association qui promeut les métiers d'art au Luxembourg. Elle avait participé à l'exposition "De mains de maître" et avait offert ce bibi à la grande-duchesse héritière.

De passage à Luxembourg en juin,  le premier ministre estonien Jüri Ratas est reçu en audience par le grand-duc Henri, et visite le MUDAM avec Stéphanie, présidente du conseil d'administration.

Début juillet, les grands-ducs héritiers se rendent aux Rencontres de la Photographie d'Arles dans le sud de la France. Ils assistent au vernissage de l'exposition "Flux Feeling" (placée sous le Haut Patronage de Stéphanie) qui présente des oeuvres photographiques contemporaines et issues du patrimoine culturel luxembourgeois.

Relation belle-mère/belle-fille
Il est de notoriété publique que le courant ne passait pas entre la grande-duchesse Joséphine-Charlotte et sa belle-fille, ce qu'a confirmé la grande-duchesse Maria-Teresa dans une conférence de presse en 2002 qui a suscité la polémique. Par contre, les relations belle-mère/belle-fille semblent mieux se passer entre la grande-duchesse Maria-Teresa et la grande-duchesse héritière Stéphanie.

A l'occasion de son 60ème anniversaire en 2016, Maria-Teresa a confié au magazine "Point de Vue" :   "Avec mon fils Guillaume, j'ai une relation très particulière, parce que c'est l'aîné. Et il est de si bon conseil! Ma belle-fille Stéphanie et lui forment un couple rayonnant. Mon mari et moi avons avec eux, nos héritiers, cette relation de confiance qui est merveilleuse et indispensable. Envers Stéphanie, j'éprouve beaucoup d'admiration et une immense tendresse. J'ai la même tendresse pour mes trois belles-filles. Mais la période que Stéphanie a vécue, entre ses fiançailles et son mariage, lorsqu'elle a perdu sa maman, est l'une des choses les plus difficiles que l'on puisse connaître. Elle a traversé cette épreuve avec une dignité et un courage que j'ai admirés. J'ai essayé de l'entourer d'affection le plus possible".

Stéphanie a déclaré au magazine :   "C'est une femme entière, débordante d'amour. Elle est en parfaite empathie. Et cela se voit dans son regard qui se fait vraiment miroir de l'âme. Quand ma mère est décédée juste avant mon mariage, elle a été extraordinaire. On ne se connaissait pas bien, et elle pleurait à chaudes larmes avec nous. Notre douleur était la sienne. Aujourd'hui, nous adorons nous installer toutes les deux dans un canapé confortable, avec thé ou café, et refaire le monde, pendant des heures. Cela nous arrive souvent quand nos hommes sont retenus (on a aussi des activités séparées dans la vie officielle). Nous discutons de tout. Et nous avons la même façon d'aborder les grands sujets. On part d'un côté, de l'autre, on va chercher un livre pour étayer la conversation. C'est passionnant. Sans cette relation privilégiée, je pourrais parfois me sentir isolée, mais grâce à ma belle-mère, je ne souffre pas de solitude. Un mari, c'est très bien, mais c'est précieux aussi d'avoir une femme à qui parler. Et là, j'ai vraiment trouvé une confidente. Elle m'a beaucoup aidée à appréhender mon nouveau rôle. Si j'ai un problème, je lui en parle. Je l'aime énormément. Surtout qu'elle ne change jamais, qu'elle garde ce cœur débordant d'amour".

Le fait aussi de s'être partagé les domaines réservés traditionnellement à la Première Dame (le social pour Maria-Teresa et la culture pour Stéphanie) permet sans doute aux deux femmes de s'épanouir, tout en ne se marchant pas sur les pieds.

Loisirs
D'après le site Internet officiel de la Cour, Stéphanie aime la musique classique, la lecture, le ski et la natation.

Le grand-duc héritier Guillaume a également confié au magazine "Point de Vue" :   "Nous venons régulièrement chez Léa Linster prendre un thé ou dans son restaurant. Quand j'avais 13 ans, j'ai fait un stage, chez elle, aux cuisines, et elle m'a a appris la recette de sa crème brûlée. Une tuerie. Mme Linster est une merveilleuse ambassadrice pour le Luxembourg. Nous sommes très fiers d'elle. Chez nous, nous avons une cuisine de terroir traditionnelle qui s'est diversifiée au gré des influences française, belge, allemande, mais aussi portugaise et italienne. Cela donne des restaurants de grande qualité, dont onze sont étoilés. Mon épouse et moi adorons faire la cuisine à deux, une cuisine de marché, à partir de produits bio, locaux, de saison. J'aime faire le marché et, quand j'y vais, il faut s'armer d'une bonne dose de patience pour me laisser le temps de jauger les produits, de parler avec les producteurs".

Décorations

Son beau-père le grand-duc Henri lui a octroyé la Grand Croix de l'Ordre d'Adolphe de Nassau.

Lors du voyage d'Etat du président du Portugal au grand-duché en 2017, elle a reçu les insignes de Grand Croix de l'Ordre du Mérite portugais.